Louis Riel, fondateur du Manitoba
Manitoba, Canada
Date de naissance : 21 octobre 1844
Lieu d’origine : Saint-Boniface, Manitoba
Louis « David » Riel est un homme politique canadien, chef du peuple métis dans les Prairies canadiennes et fondateur de la province du Manitoba.
Louis Riel est le fils de Louis Riel père et de Julie Lagimodière, qui pratiquent la religion catholique avec ferveur. En 1858, Mgr Taché envoie Louis à Montréal poursuivre ses études dans le but de le former à la prêtrise. Louis Riel préfère étudier le droit avec Rudolphe Laflamme, puis il travaille à Chicago et à Saint-Paul, Minessota, avant de revenir à Saint-Boniface en 1868.
À l’époque, sur les bords de la rivière Rouge, vivent environ 10 000 Métis, en majorité francophones et catholiques. Issus d’unions entre coureurs des bois et Amérindiennes, ils vivent de chasse aux bisons et cultivent des terres très fertiles. En 1869, le territoire des Métis est convoité par le gouvernement canadien qui veut y installer des colons anglophones en provenance de l’Ontario. Sans tenir compte des droits des Métis, il envoie des arpenteurs qui s’imposent avec beaucoup d’arrogance. Devant cette menace, les Métis décident de résister. Ils établissent un gouvernement provisoire du Manitoba (nom suggéré par Louis Riel) selon le principe de tolérance et d’égalité des cultures. Ce gouvernement élit Louis Riel comme président. Riel décide de s’emparer de Fort Garry (Winnipeg) et publie une liste des droits des Métis, pour souligner au gouvernement fédéral l’importance de négocier, avec les Métis, l’entrée du Manitoba dans la Confédération canadienne.
Le gouvernement McDonald consent à négocier, mais les discussions achoppent au printemps de 1870, lorsque les autorités fédérales apprennent l’exécution de Thomas Scott, un Ontarien, par les Métis de Riel. La majorité anglophone du Canada ne pardonnera jamais à Riel cette exécution. Le 15 juillet 1870, de par le Manitoba Act, le Manitoba devient la 5e province canadienne. Le gouvernement du Canada ne reconnaît pas le gouvernement de Louis Riel, mais accepte la plupart de ses demandes (linguistiques, religieuses et territoriales). On conseille fortement à Louis Riel de s’exiler ; il part pour les États-Unis.
Dans les années 1870, de nombreux Métis vendent leurs terres pour aller s’établir plus à l’ouest, sur les rives de la rivière Saskatchewan. En 1882, ils sont de nouveau rejoints par les arpenteurs fédéraux, qui montrent à leur égard autant d’arrogance qu’en 1869, au Manitoba. Indignés, les Métis font appel une fois de plus à Louis Riel, toujours réfugié aux États-Unis. Ils forment alors un gouvernement et organisent la résistance. Cette fois, ils ont l’appui des Amérindiens de l’Ouest qui, à leur tour, se sentent menacés par l’expansion des colons de l’Est. Le gouvernement fédéral refuse de négocier et décide d’envoyer les troupes mater les rebelles. Les forces combinées des Métis et des Amérindiens ne peuvent résister aux soldats bien mieux armés et transportés sur les lieux par chemin de fer. Au printemps 1885, ce soulèvement est durement réprimé. Fait prisonnier, Louis Riel est accusé de haute trahison.
Le procès de Riel divise les francophones et les anglophones du pays. Les Canadiens français, sensibles à la cause des Métis, crient à l’injustice et réclament son acquittement. Il est jugé à Regina, devant un jury composé exclusivement d’anglophones, et est pendu le 16 novembre 1885. Les Ontariens, souhaitant venger la mort de Scott (1870) et considérant les Métis comme des rebelles, accueillent avec satisfaction l’annonce de sa pendaison.
Encore aujourd’hui, cette histoire demeure bien vivante. Au début de l’année 1999, suite à un sondage favorable réalisé auprès des députés fédéraux, le député Denis Coderre entreprit des démarches officielles à la Chambre des communes pour amnistier Louis Riel. Cette amnistie permettra à l’histoire de réhabiliter Louis Riel et de lui rendre tout le mérite qui lui est dû : la défense des droits des Métis et des Amérindiens.
Modification : 2013-04-16